Rencontre avec l’illustrateur de 135 Gazzetta

8 février 2022

Quel plaisir de pouvoir vous proposer des livres d’artistes locaux! Roman est un jeune illustrateur des Pâquis diplômé de la HEAD en communication visuelle.

Son projet «135 Gazzetta» réunit une série de récits entre humour et absurde, illustrés en noir et blanc. Des histoires non-censurées aux sujets débridés, dont les personnages incarnent certaines figures emblématiques de la société.

On y retrouve des références au cinéma gangster et au western, en passant par les graffiti et la culture rap. Les Genevois y reconnaitront même des clins d’œil à la ville. Un projet personnel dans lequel l’auteur fait aussi intervenir d’autres talents de la région. On retrouve leur travail dans les dernières pages.

Le premier volume de «135 Gazzetta» est sorti en 2019, le troisième fin 2021. Vendus individuellement, les trois volumes sont disponibles au Kiosk.

A l’occasion de ce nouvel arrivage 100% local, nous avons rencontré Roman. De passage à la librairie, il nous en a dit un peu plus sur son parcours, son univers, partage ses inspirations et ses références.

Hello Roman, peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Je m’appelle Roman, j’ai 29… non 31 ans pardon, je suis resté bloqué! J’ai obtenu mon Bachelor en communication visuelle en 2016 à la HEAD. En ce moment je suis dans un équilibre entre un travail pour gagner ma vie et le développement de mes projets personnels en parallèle.

Depuis que j’ai terminé mes études, j’ai un peu mis de côté la pratique de graphiste. Cette formation m’a donné un aperçu des diverses facettes de la communication visuelle qui m’ont aidé à structurer mon développement. J’y ai aussi acquis un bagage technique suffisant qui me permet d’être totalement indépendant au moment de la production de mes projets.

Pourquoi est-ce que tu as choisis l’illustration comme moyen d’expression?

Je dessine depuis que je suis enfant, c’est mon moyen d’expression le plus intuitif. Mais il m’arrive aussi d’utiliser d’autres médiums comme la photo et la musique. J’aime monter un scénario et raconter une histoire. S’il n’y avait pas autant de contraintes, je ferais aussi de la vidéo. Je construis en quelque sorte mon travail à l’image d’un storyboard de film. L’illustration est la voie la plus directe et la plus libre pour donner vie à mes idées.

135 Gazzetta. Volume 1

CHF 15.00

135 Gazzetta. Volume 2

CHF 15.00

Quels sont tes influences?

Elles évoluent année après année. Actuellement, par exemple, c’est la démarche artistique du rappeur JUL qui m’inspire. Sans parler véritablement du résultat de son travail, j’aime l’implication qu’il met dans ses projets, sans prendre en considération le jugement des autres. Il a su imposer son univers sans essayer de plaire et tout en restant intègre. J’ai aussi beaucoup de références qui tournent autour du cinéma western et gangster : l’importance des détails, des regards, les scènes lentes… Je pourrais citer des séries comme « Gomorra » ou « The Wire » et des films comme « Pour une poignée de dollars ». Je me nourris aussi du travail d’amis artistes qui gravitent dans mon entourage.

Tu fais parfois référence à Genève, quels lieux t’inspirent le plus dans cette ville ?

Les lieux qui appartiennent à tout le monde et où toutes les classes sociales peuvent se côtoyer. Les espaces publics, comme la place de la Navigation. C’est ce genre de lieux qui m’inspirent.

Ici au Kiosk, on vend les 3 volumes de ton projet «135 Gazzetta». Est-ce le travail qui te définit le mieux, au niveau du contenu et du style ?

Je n’estime pas être arrivé au bout de ce que je voulais mais il s’agit effectivement de mon travail personnel le plus abouti. Comme ce n’est pas un projet créé sur la base d’un mandat, il m’a offert suffisamment de liberté pour me rapprocher au plus de ce qui me représente.

Tu viens de publier le Volume 3 de 135 Gazzetta. Tu comptes t’arrêter là?

Si j’ai l’inspiration, je continuerai à dessiner des scénarios, donc peut être que j’en réunirai suffisamment pour les compiler dans un quatrième volume. Mais l’idée de monter un ouvrage avec un scénario unique me tente beaucoup. Pour illustrer, on pourrait dire que mon travail consistait, jusqu’à présent, à créer des courts-métrages et que maintenant je songe à un long-métrage. Autrement, j’ai de plus en plus envie de collaborer avec d’autres corps de métiers comme des artistes musicaux par exemple. Ce serait l’occasion de croiser différents moyens d’expression pour servir un seul et même projet.

135 Gazzetta. Volume 3

CHF 15.00